Chiapas : 30 ans après le soulèvement armé

Le zapatisme est encore là ; camina, têtu. Reconnaissons-le d’emblée : dans une époque marquée par l’expansion marchande et l’homogénéisation des formes de vies, la longévité d’une telle aventure révolutionnaire n’est pas chose commune. 40 ans après la constitution clandestine de l’EZLN, 30 après son soulèvement armé, la persistance du mouvement et la vivacité de son autonomie politique est une source d’enthousiasme et d’inspiration que l’on voudrait intarissables.

La rébellion indigène semble pourtant passée sous les radars, médiatiques d’abord – le temps court du spectacle de l’information ne nous étonne pas plus qu’il ne nous affecte – mais aussi des pensées et des forces révolutionnaires. Les surgissements d’autres territoires en guerre pour défendre leurs formes de vie – Rojava en tête – ont su capter curiosités intellectuelles et énergies internationalistes, et c’est heureux.

Sous les radars, donc, mais toujours là. Comme une anomalie, tant les cicatrices s’accumulent sur le cuir de la révolution chiapanèque. Coups de boutoirs policiers, militaires, paramilitaires, plus ou moins frontaux, plus ou moins vicieux ; science gouvernementale contre insurrectionnelle, son lot de divisions, de défections ; l’inexorable usure du temps.

Dernière grande menace pour l’intégrité zapatiste, l’offensive du crime organisé, qui vient de manière inédite contaminer et martyriser les territoires indigènes, en particulier le long de la frontière guatémaltèque. Longtemps préservé du phénomène, le Chiapas se confronte ces derniers mois à ces groupes mafieux grotesquement violents, aux moyens logistiques et financiers sans limites, qui font désormais partie de l’édifice du pouvoir au Mexique, au même titre que l’État et le capital.

Obscur et total enchevêtrement des trois sphères politiques, économiques et criminelles. Cette guerre de territoire entre groupes de…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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