Chien


un homme à terre qui beugle, la vie contre la
vie, dit le ministère, rien, que masse broyée
disant

j’ai mal

pour finir

chien


la violence a quatre paires d’yeux

la première, karl l’a dite

la deuxième, franz l’a répétée

la troisième, la troisième

la quatrième reste à dire


il y a que tous n’ont rien dit

il y a que la terre fera sans l’homme et rien pour
bruire le mot rien

pour l’énonciation du mot rien

pour la déviation du cours d’homme

indistinct


chien

monte le son du téléviseur et frappe

il ne doit rien rester du lard, le ministère a dit

on roulera toute fenêtre fermée

le crampon a mal


l’armure du flic est une belle invention, la batte,
fleurir

seule parole efficace vaut

ici le clochard au piano hurle son téléviseur de
taire

la batte saura corriger


deux chaussures noires, le tibia armé, au genou
rond et le froc, première batte, poches pleines de
pisse, au cas où dit le ministère, quinze coups à
la ceinture, brume, gilet et masque, c’est parfait,
épaule lustrée, vitre et casque, dernière batte
pour le travail bien fait, bouclier, une bouteille
d’eau pour l’oubli

des flammes, des flammes, des flammes

il faut servir


l’autre se videra de son sang pour rien, gémir

dessiner la violence en rouge

plein

un verre de carburant pour la route

toute fenêtre fermée
la télévision dit

gémir

qui et où

la batte a parlé

la batte a parlé dit

rien que parole utile et travail bien fait

bientôt on lâchera le piano de hurler

se vider de son sang pour le rouge

parfum d’enfance sans teint

toute fenêtre fermée

la batte la batte

odeur de flic ici

la transmission directe

la violence a quatre paires d’yeux

maigrir

le clochard d’ici hurle à celui d’ailleurs

à travers la télévision en flammes

chien

tu conduiras longtemps

pisse et odeur de batte

reste

la quatrième reste à dire

pas de pardon ici

feu

si c’est faire feu

de quinze coups

de quoi saigner

la télévision et le ministère en…

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Auteur: dev