Les relations entre les humains et les autres animaux sont ambiguës : parfois faites de proximité affective ou d’admiration, elles reposent aussi massivement sur l’exploitation, l’asservissement et autres atteintes graves à leurs intérêts. Elles sont structurellement entachées par le spécisme, système qui établit la supériorité de certains animaux sur d’autres, notamment la domination des humains sur tous les autres animaux.
Comme tout ordre social, le spécisme est fait d’habitudes et d’impensés : il n’est ni forcément conscient, ni même activement souhaité, ni immuable. Il peut être examiné avec recul, détricoté et rejeté. Encore faut-il voir et savoir quelles sont ses causes, ses manifestations, ses conséquences, et comment nous pouvons nous en défaire.
C’est ce que propose cette analyse de 6 idées reçues dont la remise en question peut améliorer notre relation aux animaux qui vivent près de nous, mais aussi à ceux qu’on exploite loin des regards.
1/ « Les animaux de compagnie sont choyés »
Lorsqu’on parle d’un animal dit « de compagnie », on se représente souvent un individu aimé, dorloté, particulièrement chanceux. Et en effet, un certain nombre d’animaux entrant dans cette catégorie sont considérés par les personnes qui en sont responsables comme des amis, voire des membres de la famille. Leur vie est alors plus enviable que celle de bien d’autres animaux non-humains… Et même humains.
Cette représentation cache toutefois une réalité plus sombre, peu énoncée au regard de sa gravité : ces animaux sont des propriétés. Des êtres à la fois considérés par la loi française comme « vivants » et « doués de sensibilité », c’est-à-dire des individus sentients, capables de ressentir ce qui leur arrive, d’éprouver des émotions agréables ou désagréables ; et à la fois soumis au régime des biens, c’est-à-dire considérés…
Auteur: Florence Dellerie

