Il y a des rapports scrutés par l’ensemble de la scène médiatico-politique. Et il y a les autres. Le rapport annuel de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) sur les risques professionnels fait parti de cette deuxième catégorie. C’est donc dans l’anonymat d’une veille de Noël que les chiffres des morts au travail en 2022 ont été publiés.
Pourtant, dès la seconde page de lecture, une donnée interpelle : « En 2022, on dénombre 738 décès parmi les accidents du travail reconnus, soit 93 de plus qu’en 2021 ». Cette hausse importante s’explique assez facilement. En 2020 et 2021, la crise sanitaire a frappé le pays et donc réduit une partie de l’activité économique. Les chiffres de 2022 étaient donc attendus car ce sont les premiers depuis l’épidémie du COVID à s’étendre sur une année complète sans mise à l’arrêt partielle de l’économie.
Des chiffres records depuis 20 ans
Et leur publication tardive n’a pas de quoi rassurer. Jamais, depuis au moins vingt ans, la CNAM n’avait comptabilisé un tel niveau de mortalité au travail. Déjà, en 2019, 733 décès avaient été recensés par l’Assurance maladie. Un triste record qui avait été placé sur le compte d’un changement de méthodologie statistique prenant mieux en compte les malaises. Sans, pour autant, que les conséquences de ce changement ne soit clairement quantifiable. Explique-t-il toute l’augmentation ? Seulement en partie ? « J’ai discuté avec des statisticiens de la CNAM qui m’ont assuré que ce changement n’expliquait qu’en partie cette hausse », assure Matthieu Lépine, auteur de L’Hécatombe invisible, Enquête sur les morts au travail.
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Ce qui est certain, en revanche, c’est que le…
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Auteur: Pierre Jequier-Zalc

