Une épidémie marquée de chikungunya sévit à La Réunion, depuis le début de l’année 2025. Début avril, on déplorait le décès de deux personnes âgées de 86 et 96 ans, dont l’une présentait des comorbidités, et 14 nouveau-nés étaient en soins intensifs.
On fait le point sur cette maladie qui reste méconnue et sur cette épidémie inédite.
Le chikungunya est une maladie virale transmise à l’humain par la piqûre d’un moustique lui-même préalablement infecté par le virus. Depuis début 2025, l’île de La Réunion connaît une épidémie de grande ampleur. Le pic épidémique pourrait survenir en avril ou en mai.
Les épidémies de chikungunya sont-elles fréquentes à La Réunion ?
La situation que vit actuellement La Réunion est atypique. En effet, la dernière grande épidémie de chikungunya à La Réunion remonte à vingt ans, c’était en 2005-2006. Avant cette date, peu de cas de chikungunya avaient été observés sur l’île et de manière très ponctuelle.
Avant cette première grande épidémie, La Réunion n’était pas une zone de circulation du virus chikungunya, car Aedes aegypti, le moustique vecteur principal de ce virus, n’y est pas implanté. En revanche, l’île abritait depuis de nombreuses décennies un autre moustique de la même famille, Aedes albopictus, plus connu sous le nom de moustique tigre. Mais alors le moustique tigre n’était pas connu comme pouvant transmettre ce virus.
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Pourtant en 2005-2006, à la grande surprise des virologistes, la première grande épidémie de chikungunya à La Réunion fut portée par le moustique tigre. On a découvert plus tard que le virus du chikungunya avait muté au niveau de sa surface,…
Auteur: Yannick Simonin, Virologiste spécialiste en surveillance et étude des maladies virales émergentes. Professeur des Universités, Université de Montpellier

