CHILI : 2 ans après l'explosion sociale et 4 semaines avant la présidentielle — Pierre CAPPANERA

Le salaire minimum reste excessivement bas même si, en octobre et novembre 2019, les travailleurs des grandes entreprises ont arraché de nombreuses augmentations de salaire. La seule solution qui a été trouvé pour faire face à la crise du pouvoir d’achat a été de donner à chacun la possibilité de piocher dans son épargne retraite. Le système chilien est un système de capitalisation individuelle. Chacun est « libre » de choisir le fonds de pension qui gère son épargne retraite, une cotisation obligatoire sur le salaire. Cette épargne s’accumule et sert de base pour calculer les montants de la retraite. Le résultat est catastrophique pour les retraités dont les pensions sont ridicules.

A la faveur de la pandémie, par trois fois, il a été autorisé des retraits successifs de 10% de l’épargne accumulée. Actuellement est en discussion un quatrième retrait.

Ces retraits successifs, s’ils ont été une bouée de sauvetage pour l’immense majorité des familles chiliennes, n’a réglé en rien la question du montant des salaires et des pensions. Les salaires sont restés bas et les fonds de pension n’ont été ni touchés, ni réformés ou nationalisés. Le système de retraite par capitalisation individuelle est toujours là.

L’éducation : aucune réforme n’est venue non plus. L’université est toujours payante et le système de prêts aux étudiants intact. Ces prêts aux étudiants, plutôt que des bourses ou la gratuité des études, avaient été mis en place par l’ex-Concertation, l’alliance centriste libérale de la Démocratie-Chrétienne (DC) et du Parti Socialiste (PS).

L’eau : aucune réforme non plus. L’eau qui a été entièrement privatisée, par Pinochet puis par l’ex-Concertation, l’est toujours. Aucune loi nouvelle n’est venue régulée sa propriété, son utilisation ou son coût.

La terre : grande revendication des Mapuches. La terre reste, comme l’eau soumise au droit de la propriété privée qui ne correspond aucunement aux traditions mapuches de propriété collective familiale. De plus aucune négociation globale n’a été entamé entre l’Etat et les représentants mapuches. Au contraire, le président Piñera vient de proclamer l’Etat d’exception dans les provinces du sud où vient les Mapuches et d’y faire déployer l’armée.

On pourrait faire le tour de toutes les revendications qui avaient été brandies par les Chiliens dès avant l’explosion sociale, rien n’a bougé, ni dans les textes ni dans les faits. Si un certain nombre de lois ont été votées par…

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Auteur: Pierre CAPPANERA Le grand soir

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