Le chlordécone, insecticide interdit depuis 1975 aux États-unis, n’a jamais été utilisé en France métropolitaine. Dès 1979, le Centre international de recherche sur le cancer a classé la chlordécone comme cancérigène possible pour l’être humain. Pourtant, cet insecticide a été utilisé aux Antilles au moins jusqu’en 1994 dans les plantations de bananes, et « a empoisonné toute la population antillaise, qu’elle vive en Guadeloupe, en Martinique ou ailleurs du fait de déplacements forcés » soulignent des organisations syndicales et associatives dans un communiqué unitaire.
Elles appellent à manifester à Paris le 28 octobre, en soutien aux mobilisations en Martinique qui se tiennent la semaine du 22 au 28 octobre. « Ce pesticide a aussi pollué les terres, et donc la production agricole, la mer, l’eau et, ce, pour plusieurs siècles ! »
« À l’évidence, l’État français a laissé faire en soutenant explicitement le lobby des planteurs, rendant malades notamment trop de travailleuses et travailleurs alors que la dangerosité du chlordécone était établie depuis des dizaines d’années, précisent les organisations. Ce sont des familles entières qui ont été contaminées. » Aujourd’hui, ce produit est détecté dans le sang de 90% de la population adulte. « Outre les maladies, nous déplorons et dénonçons un nombre important de décès. » La Guadeloupe enregistre le plus haut taux de cancer de la prostate au monde, en particulier chez les travailleurs des bananeraies.
Un non-lieu synonyme d’« injustices »
Suite à des dépôts de plaintes, un non-lieu dans l’enquête sur l’empoisonnement des Antilles au chlordécone a été rendu par la Cour d’appel de Paris début 2023. Dans leur ordonnance, les juges reconnaissent cependant un « scandale sanitaire » et considèrent qu’il s’agit « probablement du premier dossier judiciaire à traiter d’une pollution d’une telle ampleur ».
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Auteur: Rédaction

