Christophe Bonneuil, Hervé Kempf, Jason Moore et Andreas Malm en restent à l'impasse de l'anticapitalisme tronqué

Tant qu’on reste à l’intérieur des catégories fondamentales du capitalisme, on en reste prisonnier et les désastres meurtriers continuent.

Si les riches capitalistes sont effectivement des ordures et des profiteurs, les évincer, les taxer ou les exproprier ne démolira pas les structures sociales fondamentales du capitalisme qui ravagent la planète et ses habitants.

Au fond, le problème n’est pas l’avidité de quelques uns, l’inégale distribution du travail et des richesses, ou même la propriété des moyens de production

Le problème ce sont les structures sociales impersonnelles du capitalisme.

Même des auteurs qui parlent de capitalocène s’égarent néanmoins dans l’anticapitalisme tronqué, inefficient car encore trop superficiel :

UN CONCEPT TRONQUÉ DE CAPITALOCÈNE Critique de Jason Moore, Christophe Bonneuil, Hervé Kempf et Andreas Malm

La critique des limites du concept d’anthropocène et la proposition alternative – c’est-à-dire parler plutôt de « capitalocène » – sont aujourd’hui portées par des historiens comme Jason Moore, Andreas Malm, Christophe Bonneuil ou Jean-Baptiste Fressoz. Si ces auteurs vont au moins dans la bonne direction en critiquant le concept d’anthropocène et en affirmant que c’est plutôt la « logique d’accumulation qui a tiré toute la dynamique de transformation de la Terre » (Bonneuil), la manière dont ils théorisent leur proposition alternative rencontre des limites qui les raccroche encore à la vieille critique tronquée du capitalisme.

(…)

En théorisant leur concept de capitalocène, ces auteurs restent prisonniers d’une forme d’anticapitalisme tronqué, où le fonctionnement de l’accumulation du capital est vu de manière superficielle comme…

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