Chronique d’une école mise au pas

Cette année, la boule au ventre de la rentrée ne ressemble pas aux années précédentes. Bien sûr il y a toujours le stress de retrouver des classes pas toujours commodes, de ne pas finir le programme, de devoir composer avec un matériel obsolète, mais c’est le jeu ; il connaît ça par cœur. Les aléas du métier. Or il y a autre chose, une pesanteur face à l’inconnu qui ne dit rien qui vaille. Pendant l’été un nouveau ministre de l’Éducation nationale a inondé les médias d’informations pour « relever l’école », dit-il. Il a commencé comme ceci : « Le temps de l’Éducation nationale est révolu, il est temps d’en revenir à l’instruction publique. »

Il semblerait que la formule ait beaucoup plu aux parents et plus globalement à l’opinion publique mesurée par le baromètre quotidien du ministère de l’Information. C’est une formule qui contiendrait la promesse d’en finir avec des missions qui ne seraient plus celles de l’école : éduquer à la sexualité, à l’alimentation, accompagner les élèves en difficulté par des pédagogies alternatives, etc., toutes les « éducations qui sont une perte de temps », selon le ministre.

Pendant l’été, certains programmes ont été réécrits. On ne sait pas par qui. Avant, une commission dont les noms étaient publics s’en chargeait. Il semblerait qu’on soit passé à un comité restreint. Deux disciplines seulement ont-ils prévenu, pour l’instant. Sans doute pour

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Auteur: Laurence De Cock

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