Chaque semaine, une chronique rédigée par le collectif internationaliste franco-syrien Interstices-Fajawat, afin de mieux comprendre la situation complexe, mouvante et passionnante en Syrie suite à la chute de la dictature.
Depuis que le régime d’Assad est tombé, tout va très vite.
Ahmed al-Shara’a (aka Al-Julani), le leader des rebelles de Hay’at Tahrir al-Shams (HTS), qui a renversé le clan Al Assad suite à une offensive fulgurante début décembre, a nommé immédiatement un gouvernement transitoire formé à partir du Gouvernement de Salut Syrien qui préexistait à Idleb depuis 2017.
Les ministres ne sont pas des militaires, mais des professionnels dans le domaine qui leur a été confié. Il ne s’agit clairement pas de progressistes, mais plutôt d’islamistes conservateurs. Pour autant, aucun changement constitutionnel ni aucune décision impliquant de grands changements de société sans la consultation et l’accord des Syriens n’a été prise à l’heure actuelle, ce qui est plutôt rassurant. À la fin de son mandat transitoire, le gouvernement intérimaire est en effet censé laisser la place à une conférence nationale représentative de toutes les factions et minorités Syriennes, pour la formation du futur nouvel État Syrien.
Shara’a a également nommé plusieurs chefs de guerre comme gouverneurs de province, ce qui n’est pas pour rassurer tout le monde, mais toutes les nominations ne sont pas faites et des réajustements sont en cours. À Suwayda, province du Sud habitée à plus de 90% par les Druzes, une minorité qu’on ne peut soupçonner de sympathies islamistes, un conseil régional représentant l’ensemble des factions locales a proposé l’investiture d’une femme au poste de gouverneur, ce qui est une première dans l’histoire du pays. Par ailleurs, une grande réunion des chefs de différentes factions armées s’est tenue à Damas en vue de s’accorder sur le désarmement de tous les groupes armés et…
Auteur: B

