Chute des cours du cacao : en Côte d'Ivoire, les producteurs en détresse

En Côte d’Ivoire, premier pays producteur mondial de cacao, la commercialisation des précieuses fèves est à l’arrêt. Depuis plusieurs mois, des centaines de milliers de tonnes de cacao sont immobilisées dans des camions, entassées dans les entrepôts portuaires d’Abidjan et de San Pedro, ou stockées dans les coopératives et chez les paysans, sans que rien ne se passe.

« C’est du jamais-vu, les planteurs sont désemparés », témoigne Koffi Kanga, président de l’Association nationale des producteurs de cacao-café de Côte d’Ivoire (Anaproci), joint par Reporterre. Si ce n’est pas la première fois que la filière traverse une crise due à un effondrement des cours mondiaux, celle-ci est particulièrement soudaine et brutale alors que l’or brun fait vivre environ un Ivoirien sur cinq.

Tout a commencé par une envolée historique : en 2024, la tonne de cacao s’est échangée sur le marché mondial à plus de 12 000 dollars (environ 10 400 euros). Mais, en Côte d’Ivoire, où deux millions de tonnes sont produites par an — soit 40 % de l’offre mondiale —, cette flambée n’a guère profité aux exploitants. En cause : le système de régulation piloté par le Conseil du café-cacao (CCC). Cet organe public agit comme une caisse de stabilisation. Il fixe le prix bord-champ — le prix payé au producteur sur le lieu de la récolte — et compense la différence lorsque les cours mondiaux chutent, afin d’assurer un revenu stable aux cultivateurs.

Pour ce faire, environ 80 % de la récolte est vendue plusieurs mois à l’avance à des négociants et des industriels, sur la base d’estimations de production. Le prix payé aux planteurs par les collecteurs est ensuite déterminé à partir de ces contrats.

Entre offre abondante et demande en déclin

Le CCC a été très critiqué car il a mis du temps à ajuster le prix bord-champ lorsque les cours se sont envolés. « Pendant que les planteurs…

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Auteur: Fanny Pigeaud

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