L’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet Cigéo, le Centre de stockage en couche géologique profonde à Bure (Meuse), commence ce mercredi 15 septembre et s’achèvera le samedi 23 octobre. L’enjeu est de taille : « Le public a pu participer à de nombreuses concertations conduites par l’Andra [Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs] et par la Commission nationale du débat public. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans la construction du projet, mais dans sa phase finale : il s’agit de le valider ou de ne pas le valider », a expliqué le président de la commission d’enquête Claude Bastien, retraité, lors d’un point presse à Bar-le-Duc (Meuse) et en ligne mardi 14 septembre.
Le projet à l’étude consiste à enfouir à 500 mètres sous terre quelque 83 000 mètres cubes de déchets nucléaires d’une dangerosité extrême. Certains d’entre eux resteront radioactifs des centaines de milliers d’années. La déclaration d’utilité publique est une étape d’une importance cruciale pour l’Andra, qui travaille sur ce projet depuis le début des années 1990 : elle doit permettre à l’État d’acquérir les dernières parcelles privées nécessaires à la construction de cet ouvrage, en expropriant leurs propriétaires au besoin. D’après M. Bastien, « il reste à l’État une bonne centaine d’hectares à acquérir, pour environ 700 hectares déjà acquis ».
Concrètement, pendant la durée de l’enquête publique, organisée par les préfectures de la Meuse et de la Haute-Marne, les habitants des onze communes concernées par le projet sont invités à livrer leurs observations et propositions sur un registre numérique, par courriel ou par courrier postal. Ils pourront également inscrire leurs remarques sur un registre lors de vingt-quatre permanences prévues dans les mairies des communes concernées ou prendre rendez-vous pour participer à l’une des trois permanences téléphoniques. L’occasion aussi de consulter le dossier d’enquête publique, un pavé de quelque 3 000 pages élaboré par l’Andra, maître d’ouvrage du projet.
Le laboratoire de l’Andra du projet Cigéo, à Bure (Meuse), en octobre 2020. © Jean-Christophe Verhaegen/AFP
Une « grande DUPerie »
Rien n’est joué d’avance, a assuré M. Bastien. « C’est un dossier complexe. On ne prendra parti qu’à la fin de l’enquête, sur la base des observations recueillies, et après avoir pris connaissance du mémoire en réponse de…
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Auteur: Émilie Massemin (Reporterre) Reporterre

