Cher Cinéma,
Ceci est un cri du cœur. Le cœur qui bat quand les lumières s’éteignent et que le projecteur s’allume.
Noir. Titre. Musique. Intérieur jour. Une femme se regarde dans le miroir.
À quoi ressemble cette femme ?
Admets-le. Tu l’as imaginée blanche, cisgenre, mince, valide, trentenaire, et son histoire tourne autour d’un homme. Nous aussi, même celles et ceux d’entre nous qui sommes racisé·es, handi·es, gros·ses, trans, lesbiennes. Parce que nos imaginaires ne sont pas innés. Ils sont construits. Patiemment. Méthodiquement. Par toi, cher Cinéma.
Pourtant, un film c’est la promesse d’un espoir. L’espoir d’être vu·e, d’être reconnu·e. Cher Cinéma, qu’es-tu prêt à promettre ?
Spectateur·ices et fabricant·es, nous le savons, nous sommes comme vous, nous en avons marre de voir les mêmes histoires. Pourquoi les hommes noirs et arabes sont-ils toujours violents ou dangereux ? Pourquoi les femmes racisées et les lesbiennes sont-elles sursexualisées, jamais en tête d’affiche, sauvées par un homme blanc ? Pourquoi cet acteur cisgenre joue-t-il un rôle trans ? Pourquoi la diversité, chez toi, ne parle-t-elle que de misère et de cités qui brûlent ? Dans ce métier où l’on prétend pouvoir « tout jouer », pourquoi ce droit n’est-il accordé qu’à certains corps ?
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L’invisibilisation n’est pas un accident
Nous le savons, l’histoire se répète. Mais quand l’histoire est mauvaise, corrompue, injuste, il faut mettre sur pause. L’invisibilisation n’est pas un accident. C’est une idéologie. Une société qui efface, ou qui n’expose que pour stigmatiser, est une société malade : raciste, sexiste, validiste,…
Auteur: Collectif

