Ce texte est la version remaniée et annotée de l’intervention de Catherine Hass lors de la rencontre du 2 Décembre 2023 au Consulat, à Paris. Avant le 11 septembre 2001, le « terrorisme » n’est pas assigné par les États à l’espace de la guerre. Il le deviendra par la suite. Alors que lesdits « terroristes » se proclamaient ennemis politiques en guerre contre l’État et son monde ; les États leur adressaient une fin de non-recevoir en les ravalant au rang de simples criminels de droit commun. Après le 11 septembre, une opération inverse a lieu qui vient bouleverser ces anciens régimes de pensée. Désormais, les terroristes ne sont plus des criminels, ils ne sont plus non plus de simples ennemis de l’État – les voilà devenus ennemis d’un mode de vie. Or, à cela, les États répondent par la guerre. La guerre contre la terreur n’a pas toujours existé. Elle n’existera pas toujours. Dans ce laps où s’effondrent les catégories politiques, l’alternative qu’on nous propose devient : la guerre ou bien la guerre.
Pour mon intervention, je suis partie de l’intitulé qui nous réunit : « Circonscrire l’antagonisme, défaire la confusion ». Cet intitulé, je l’appliquerai ici à ce que l’on nomme avec constance, depuis le 20 septembre 2001 et jusqu’à aujourd’hui, la guerre contre le terrorisme, puisque, depuis cette date, et en rupture avec les décennies précédentes, il n’y a plus, de la part de nombre d’États, de terrorisme sans guerre et ce, aussi bien dans le champ de la politique intérieure qu’extérieure puisqu’elle les traverse, les articule. C’est en son nom, par exemple, que le président de la République souhaita, au lendemain du 7 octobre 2023, mobiliser la coalition contre l’État islamique contre le Hamas ; et c’est également en son nom qu’une femme vivant en France depuis 48 ans se trouve sous le coup d’une obligation à quitter le territoire français pour…
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Auteur: dev

