La régénération naturelle grâce aux geais
98 000 hectares de forêts ont brulé depuis le début de l’année 2026, a révélé l’Office national des forêts (ONF), c’est le bilan le plus grave depuis 1976. Face à l’urgence climatique, l’association Canopée a lancé à grande échelle une méthode de régénération naturelle dans les forêts.
« Avec ce qu’on a vécu cet été, nous sommes à un carrefour. La première voie va aller vers encore plus d’intervention humaine avec des coupes rases, des machines et des plantations de monocultures. L’autre approche est d’essayer d’adapter la forêt au changement climatique en changeant nos pratiques de gestion forestière, et en favorisant la régénération naturelle, comme aujourd’hui », explique Sylvain Angerand, le fondateur de l’association Canopée, pour La Relève et La Peste.
Les 10 et 11 octobre 2026, la plus grande récolte grand public de glands jamais organisée en France a eu lieu dans une dizaine de départements. L’objectif : envoyer ces glands à des forestiers qui les disposeront sur des tables à glands, à destination des geais, afin de contribuer à la régénération naturelle des chênaies en France.
Une opération similaire à celle menée par l’ONF en Isère, pour aider les arbres à migrer plus vite, dont La Relève et La Peste vous parlait il y a deux ans.
Pendant l’automne, le Geai des chênes cache dans le sol des provisions de glands, environ 5000 par saison, afin d’assurer ses réserves de nourriture pour l’hiver. Capable de transporter jusqu’à six glands dans son jabot, il ne sélectionne que les glands en bon état, favorables à la pousse de nouveaux arbres, qu’il disperse dans un périmètre pouvant atteindre cinq kilomètres autour de son nid ou de sa zone d’alimentation.
Les avantages de la régénération naturelle
A Moustey, dans les Landes, les forêts diversifiées où ont lieu « les glandées » (le ramassage des…
Auteur: Laurie Debove
