En faisant visiter les locaux d’Underdog, dans un ancien quartier industriel de l’ouest de Nantes, Claire Bretton livre une anecdote révélatrice des transitions à l’œuvre dans l’économie locale. Ce hangar de 2 700 mètres carrés, qui réunit à la fois le siège, l’atelier et la boutique de cette enseigne d’électroménager de seconde main, a abrité pendant vingt ans une usine de… canons à neige.
Désormais, 500 à 600 appareils reconditionnés (frigos, machines à laver, fours…) sortent chaque mois de cet entrepôt. Une goutte d’eau face à l’océan d’appareils jetés chaque année en France (dix millions, auxquels on peut ajouter 25 millions d’articles de petit électroménager). Mais la cofondatrice et directrice générale d’Underdog (« celui qu’on ne voit pas venir » en anglais) ne compte pas s’arrêter là.
« Notre objectif est de créer une filière industrielle d’électroménager de seconde main en France », expose l’entrepreneuse de 36 ans aux yeux et phrasé clairs. Elle espère bientôt vendre 2 000 appareils par mois et ouvrir quatre structures similaires sur le territoire.
Crise de sens
Pour l’heure, Claire Bretton savoure sa nouvelle vie à Nantes, à la tête d’une entreprise « à impact », dans laquelle son mari exerce les fonctions de directeur marketing. Il y a encore quatre ans, le couple vivait à Paris, lui comme directeur marketing chez Uber Eats et elle, responsable de la gestion des prix pour le site de déstockage en ligne Veepee. Pendant la crise sanitaire, ils partent se confiner avec leur petite fille à Noirmoutier, dans une maison familiale. Là-bas, la crise de sens commence. « On s’est interrogé sur l’utilité de nos métiers et on s’est demandé comment agir. »
Ils publient un post sur le réseau LinkedIn pour lancer une plateforme en ligne d’aide aux commerçants locaux, durement mis à l’arrêt. Leur message fait 80 000 vues en 24 heures et…
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Auteur: Florence Pagneux

