Petite intro scolaire.
« Travaille, consomme et ferme ta gueule », slogan phare mis à la mode par Extinction Rébellion et repris sans coup férir à chaque manif, tant le sens paraît évident.
Pourtant…évident ? Pas si évident que ça. En manif, il sonne bien, mais aujourd’hui c’est relâche jusqu’à la prochaine (samedi suivant !) : profitons-en, réfléchissons.
Qu’entendons-nous exactement par là et à qui s’adresse-t-on ? Car nous sommes, vérité de La Palisse, à la fois travailleur et consommateur : n’ayant guère le choix, le simple fait de l’ouvrir (sa gueule) nous dédouanerait-il du système ? Faut-il plutôt y voir un reproche aux travailleurs-consommateurs attablés aux terrasses de café de ne pas se joindre à nous ? A moins d’y voir la dénonciation d’une société qui ne laisse d’autres alternatives que l’aliénation au travail et le défoulement dans la consommation. Mais n’entend-il pas aussi viser ceux qui ont l’accès facile aux marchandises superflues, la classe moyenne… ce serait l’inégalité de répartition des richesses, excluant une bonne partie de la population, et l’égoïsme de classe que nous dénoncerions par là.
Et puis, au bout du bout, l’association « travailleur-consommateur » est-elle si pertinente que ça ? Dans nos sociétés occidentales, osons la caricature, ceux qui consomment les marchandises ne sont pas ceux qui les produisent : c’est sur d’autres continents qu’il faut aller les chercher.
Ainsi la « société de consommation » pointe-t-elle son nez, avec la classe moyenne dans les parages.
La classe moyenne, nous y venons.
Pour le marxiste-léniniste (version « dogmatique »), la classe moyenne est le ventre mou de la société. Sans repère propre, elle oscille entre deux pôles extrêmes : la classe dominante et le prolétariat. Elle oscille, oui, mais penchera toujours du côté du plus fort : soit vers la classe ouvrière organisée…
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Auteur: Marti MICHEL

