Dans ce livre, vous racontez la crise de l’hôpital, le démantèlement organisé de la SNCF, la désertification médicale, la recherche de rentabilité au sein des services publics… En quoi était-il nécessaire de traiter ensemble tous ces sujets ?
Clémentine Autain : En tirant ce fil, j’ai posé un constat : l’asphyxie généralisée. Et un remède : ‘l’esprit public’. Je suis partie de la question des services publics et me suis vite rendue compte qu’elle était la face émergée de l’iceberg. C’est un même mal, la marchandisation du monde, qui n’en finit plus d’avoir des répercussions sur l’état alarmant de l’hôpital, la désindustrialisation, l’inaction climatique, la baisse des protections sociales… Aujourd’hui, nous réalisons combien le libre marché apportant l’abondance, la prospérité et la liberté n’est décidément qu’une fable.
L’avenir, c’est l’esprit public, Clémentine Autain Seuil, 192 pages, 18,50 euros.
Après quarante ans de politiques néolibérales, les inégalités sociales et territoriales ont explosé. Tout ce qui peut sécuriser nos vies et satisfaire nos besoins authentiques a été méthodiquement détruit. Au fond, le pouvoir politique a démissionné face à la loi du marché. Cet abandon nourrit le ressentiment, carburant de l’extrême droite. À l’opposé, ‘l’esprit public’ que je propose peut rassembler les classes populaires des villes et des campagnes, unir les gauches et les écologistes, fédérer dans le pays.
Quels sont les principes essentiels de cet ‘esprit public’ que vous théorisez dans ce livre ?
‘L’esprit public’, c’est l’économie de la mise en commun qui respecte la planète, l’État stratège et la démocratie active. Dans la Rome antique, le mot…
Auteur: Lucas Sarafian

