Clet Abraham devant la justice pour avoir exprimé son art sur des panneaux routiers …

Clet Abraham s’est fixé une règle : poétiser les panneaux de signalisation du monde entier, les détourner, mais ne jamais les rendre illisibles. A l’entrée d’une rue interdite à la circulation, l’artiste a revisité un sens interdit, c’est un homme qui porte la barre blanche; à l’entrée d’un rond-point, c’est un cœur qui est transpercé par la flèche du panneau bleu.

Il y en avait 24 en tout dans le pays de Douarnenez. Mais ces panneaux n’ont pas plu aux élus de la Communauté d’agglomération. Et en janvier 2023, Clet Abraham avait été condamné en première instance par le tribunal judiciaire de Quimper à une amende de 1 500 € pour dégradation de biens publics. Il avait fait appel.

Un panneau détourné par Clet Abraham à Pont-Croix • © BLANCHOT PHILIPPE / HEMIS.FR / hemis.fr

Ce jeudi 17 septembre, le street-artiste s’est rendu devant la Cour d’appel pour son deuxième procès. « Ça fait cinq ans que j’attends de sortir de cette histoire pour pouvoir officialiser que je suis un artiste, non pas un vandale, nous a t-il confié devant les marches du Parlement de Bretagne. Quand on est un artiste, on cherche à faire le bien et on cherche à améliorer le monde, non à dégrader des biens publics, donc j’espère qu’on va reconnaître les bienfaits de mon travail« .

Moi je leur donne un peu d’humanité, ce qui permet de les apprécier finalement, car personne ne les apprécie, ni ne les regarde vraiment. Clet Abraham, Street-artiste

Pour Clet Abraham, ces panneaux ont un caractère « extrêmement autoritaires et obtus » qu’il humanise en les détournant: « Moi je leur donne un peu d’humanité, explique-t-il, ce qui permet de les apprécier finalement, car personne ne les apprécie, ni ne les regarde vraiment. Avec mon travail, j’y ai inséré une part d’humanité qui fait qu’on devient complice, qu’on peut peut-être mieux les comprendre et mieux les respecter aussi« .

« C’est…

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Auteur: Claude Morizur