Les vacances furent de courte durée. À la Cinémathèque française, les fêtes de fin d’année ont pu donner un peu de répit aux salarié·es et à la direction, mais rares sont les personnes qui n’avaient pas en tête la crise – profonde – qui traverse depuis plusieurs semaines le célèbre musée du cinéma. Conseil d’administration extraordinaire, tracts syndicaux, réunion électrique avec le personnel, audition par la commission d’enquête parlementaire sur les violences sexuelles dans le cinéma et bouillonnement d’Instagram : 2025 semble démarrer avec le même degré de tension que 2024 s’est achevée.
Cette crise a ouvert la boîte de Pandore.
En cause, un événement qui a fait ressurgir des visions différentes, voire opposées, des missions de l’institution. Pire : ces positions n’ont pas manqué de réveiller, ça et là, des incidents violents jusqu’alors enfouis dans le passé de la Cinémathèque et que révèle Politis. « Cette crise a ouvert la boîte de Pandore », décrit, sous couvert d’anonymat, une salariée. L’étincelle : l’absence de recontextualisation du Dernier Tango à Paris, le film du réalisateur italien, Bernardo Betolucci, initialement prévu dans le cadre d’une rétrospective sur l’acteur américain, Marlon Brando, et dont la projection a finalement été annulée.
Ce film, sorti en 1972, raconte une relation violente entre Paul (Marlon Brando) et Jeanne (Maria Schneider), à Paris. Il est surtout connu pour une scène de viol où l’on voit Paul sodomiser Jeanne en utilisant du beurre comme lubrifiant. Cet élément n’étant pas prévu au scénario, Maria Schneider a été obligée de vivre devant la caméra ce qu’elle qualifia, plus tard, de « viol symbolique ». C’est tout l’objet du film, Maria, de Jessica Pallud, projeté au Festival de Cannes, en juin dernier.
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Auteur: Hugo Boursier

