Devant le Conseil de sécurité, jeudi, la directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), Inger Andersen, l’a résumé d’une phrase : « Les dégâts environnementaux causés par les conflits poussent des populations entières vers la faim, la maladie et le déplacement – augmentant l’insécurité ».
À Gaza, a-t-elle rappelé, « 97 % des cultures arboricoles, 95 % des arbustes et 82 % des cultures annuelles ont disparu depuis 2023 ». L’eau y est souillée par les munitions et les eaux usées, et « 61 millions de tonnes de débris » doivent être déblayées sans aggraver la contamination. En Syrie, la destruction du barrage de Kakhovka a inondé plus de 600 km² de terres, tandis qu’en Haïti, l’érosion et la pollution des eaux font resurgir le spectre du choléra. Partout, les guerres abîment la nature au-delà du visible : les sols s’appauvrissent, les nappes phréatiques s’empoisonnent, les écosystèmes s’effondrent.
Montagne de déchets à Gaza (avril 2025).
Le climat, nouveau catalyseur des tensions
Mais le dérèglement climatique, lui aussi, devient un fauteur de guerre. Inger Andersen l’a décrit comme « une pelure d’oignon » : un facteur qui s’ajoute aux tensions religieuses, ethniques ou foncières, les envenime et précipite les crises.
Des plaines sahéliennes aux plateaux afghans, la raréfaction de l’eau, les récoltes perdues et les incendies de forêt provoquent des déplacements massifs et des rivalités nouvelles.
Un droit international encore insuffisant
Le juriste sierra-léonais Charles C. Jalloh, membre de la Commission du droit international, a souligné l’ampleur du vide juridique face à ces dévastations. Si les Conventions de Genève interdisent les guerres « causant des dommages étendus, durables et graves à l’environnement », le seuil de preuve est, selon lui, « trop élevé et trop imprécis pour être appliqué dans la…
Auteur: Nations Unies FR

