L’Amoc, ce vaste système de courants océaniques comptant parmi les thermostats du climat, s’affaiblit-il par endroits ? C’est ce que suggèrent les résultats d’une étude réalisée par une équipe d’océanographes internationaux et publiée le 8 avril dans la revue Science Advances.
Cela fait déjà plusieurs années que la communauté scientifique s’inquiète du devenir de l’Amoc (Circulation méridienne de retournement de l’Atlantique, en version longue) dans le contexte du changement climatique. Cette circulation océanique — auquel appartient le fameux Gulf Stream — forme une gigantesque boucle, s’étendant de part et d’autre du bassin atlantique, qui charrie environ 18 millions de m³ d’eau par seconde.
Parfois comparé à un tapis roulant, l’Amoc joue un rôle crucial pour la régulation du climat. Elle redistribue notamment vers les pôles une partie de la chaleur reçue au niveau de l’Équateur. C’est grâce à elle, entre autres, que les hivers sont plus doux à Bordeaux qu’à Portland, bien que les deux villes fassent toutes deux face à l’océan, à une latitude équivalente.
Sel et températures
Le fonctionnement de l’Amoc repose sur un phénomène physique : lorsqu’elles arrivent au niveau du sud du Groenland, les eaux de l’Atlantique se refroidissent. Elles deviennent également plus salées, en raison de l’évaporation et de la formation de banquise. Or, les eaux froides et salées sont plus denses que les eaux chaudes et douces : elles coulent donc vers les abysses. C’est cette plongée des eaux froides qui met en marche l’Amoc. Elles poursuivent ensuite leur route en profondeur vers le sud, où elles chauffent, puis remontent à la surface, dans un cycle infini.
Les experts considèrent que le changement climatique pourrait faire gripper ce moteur de l’Amoc. En raison de la complexité du phénomène et de sa modélisation, il n’y a cependant pas de consensus quant aux…
Auteur: Hortense Chauvin

