Dans un livre publié le 19 septembre, intitulé 2049 — Ce que le climat va faire à l’Europe (éditions du Seuil), Nathanaël Wallenhorst présente une synthèse scientifique alarmante des nombreuses menaces qui pèsent sur le système Terre et du risque de voir « les sociétés humaines explosées par les ruptures que nous créons sur la Terre ».
Il souligne à quel point nous sous-estimons le danger que représentent les points de bascule. Ces changements drastiques et irréversibles dans les équilibres climatiques, provoqués par le dépassement d’un certain seuil de température, pourraient remettre en question jusqu’à la viabilité même de nos sociétés.
Chercheur en sciences de l’environnement et doyen de la faculté d’éducation de l’Université catholique de l’Ouest, à Angers, Nathanaël Wallenhorst est également membre de l’Anthropocene Working Group, un groupe international de chercheurs interdisciplinaire chargé de déterminer si, et quand, l’Anthropocène a débuté, en tant qu’époque géologique.
Reporterre — En quoi la menace des points de bascule remet-elle, selon vous, radicalement en cause toutes les approches néolibérales et capitalistes des politiques climatiques ?
Nathanaël Wallenhorst — Il suffit de s’en tenir aux faits, de regarder les études scientifiques. Les politiques de transition actuelles sont totalement inefficientes pour contenir l’emballement du système Terre. Si l’on adopte un point de vue systémique, il devient évident qu’espérer ou promouvoir la croissance économique est complètement irrationnel. La décroissance n’est pas une orientation idéologique ou politique, c’est une évidence biogéophysique.
La plupart des économistes ont construit des modèles complètement déconnectés du réel. Même lorsque des économistes ont cherché à intégrer l’impact des points de bascule climatiques à leurs modèles, comme dans les travaux de Simon Dietz,…
Auteur: Vincent Lucchese

