Selon l’Emissions Gap Report 2025, une analyse annuelle du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), publiée mardi, la courbe du réchauffement climatique s’infléchit à peine. À supposer qu’ils soient tenus, les nouveaux engagements climatiques pris par les dirigeants mondiaux dans le cadre de l’Accord de Paris ne permettraient de réduire les projections de température que de quelques dixièmes de degré.
Adopté en 2015, cet accord historique fixe pour horizon de limiter le réchauffement de la planète bien en dessous de 2 °C et de tout faire pour ne pas dépasser 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle – un cap désormais hors de portée sans un sursaut collectif majeur.
D’après l’étude, si tous les plans nationaux de réduction des émissions étaient pleinement mis en œuvre, le réchauffement à la fin du siècle atteindrait entre 2,3 °C et 2,5 °C, contre 2,6 °C à 2,8 °C dans l’édition 2024 du rapport. Mais ces maigres progrès ne sont qu’en partie liés à une véritable inflexion des politiques publiques. « Des mises à jour méthodologiques expliquent à elles seules 0,1 °C de cette amélioration, et le retrait prochain des États-Unis de l’Accord de Paris rajoutera 0,1 °C », note le PNUE. Autrement dit : le monde reste sur la même trajectoire périlleuse.
Une décennie décisive et déjà compromise
Les émissions mondiales ont atteint un nouveau record en 2024, à 57,7 milliards de tonnes d’équivalent CO₂, soit une hausse de 2,3 % sur un an. Derrière cette progression, les forêts en feu et la déforestation pèsent aussi lourd que le charbon ou le pétrole : l’usage des terres et les changements forestiers ont compté pour plus de la moitié de l’augmentation.
« Les nations ont eu droit à trois tentatives pour viser juste avec leurs engagements climatiques, et chaque fois, elles ont manqué la cible », déplore la directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen, dans la préface…
Auteur: Nations Unies FR

