Climat : pour survivre, les libellules devront séduire autrement

27 juillet 2021 à 14h31,

Durée de lecture : 4 minutes

Animaux
Climat

Arborer des ailes ornées de riches taches foncées, voilà la recette appliquée par les libellules mâles pour attirer les femelles et intimider les rivaux. Mais cette pigmentation sombre, à l’ère du réchauffement climatique, peut s’avérer fatale : quand il fait trop chaud, elle peut augmenter la température corporelle des insectes de plus de 2 °C, ce qui réduit la combativité des mâles, endommage leurs tissus corporels, voire entraîne leur mort. Des scientifiques se sont penchés sur ce casse-tête : l’étude parue le 13 juillet dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences montre que les taches ont tendance à rétrécir lorsque la température augmente. Celles-ci étant essentielles à leur reproduction, les auteurs s’inquiètent des conséquences à long terme pour l’espèce.

Les biologistes s’intéressent depuis longtemps à la manière dont les plantes et les animaux modifient leurs traits afin de s’adapter à un climat donné. On connaît cependant encore peu de choses sur la manière dont ils optimisent leurs caractères reproductifs — donnée pourtant d’importance lorsqu’on s’intéresse à la survie des espèces. Afin de mieux comprendre cette question, l’équipe de chercheurs a utilisé une base de données de plus de trois cents espèces de libellules vivant en différents endroits d’Amérique du Nord, et analysé plusieurs milliers de photos postées sur la plateforme de science citoyenne INaturalist. L’idée était de comprendre comment les libellules, au cours de la longue histoire de leur évolution, se sont adaptées au climat de leurs lieux de vie.

Les ailes de deux mâles adultes : peu de mélanisation (a) / plus de mélanisation (b). Journal of Evolutionary Biology

« Que l’on compare les individus d’une même espèce ou de plusieurs espèces différentes, nos résultats montrent que les libellules mâles s’adaptent de manière similaire aux climats chauds : elles ont tendance à perdre leur pigmentation foncée », explique à Reporterre Michael P. Moore, chercheur à l’université Washington de Saint-Louis et co-auteur de cette étude.

La température semble en revanche n’avoir aucun effet sur la couleur des ailes des femelles. Une des explications possibles est la différence d’habitats. Les mâles ont en effet tendance à rester davantage à découvert afin de défendre leurs territoires, tandis que les femelles passent plus de temps en forêt ou dans les prés, à…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Hortense Chauvin Reporterre

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com