Entre le Rassemblement national qui ne jure que par elle et ceux qui ne veulent surtout pas en entendre parler, les débats sur la climatisation atteignent à chaque canicule des sommets de caricature, laissant peu de place à la nuance. Et encore moins aux solutions constructives pour affronter des vagues de chaleur toujours plus précoces, fréquentes et intenses.
Cette sur-focalisation sur la clim’ dès que les mercure grimpe pose également des problématiques de cadrage médiatique, réduisant le changement climatique à une approche purement technique. Pratique pour éviter de parler des mesures systémiques pour y faire face (au hasard, réduire notre consommation d’énergies fossiles).
Tous les experts que nous avons interrogés sont unanimes : on ne pourra pas (et de moins en moins) se passer entièrement de la climatisation. Alors que les canicules ont fait près de 200 000 morts en Europe au cours des quatre dernières années, le refroidissement est plus que jamais un enjeu sanitaire. Mais ça ne signifie pas pour autant qu’il faille faire de la clim’ l’alpha et l’oméga de la lutte contre la chaleur – surtout pas. On vous explique pourquoi dans cet article.
Le grand n’importe quoi sur la clim
À chaque vague de chaleur, les mêmesfake news et raccourcis circulent sur la climatisation. Pour la journaliste au Point Géraldine Woessner, celle-ci serait“sans impact sur le réchauffement climatique” et ne contribuerait que“marginalement aux îlots de chaleur urbains” (c’est faux, on y reviendra). De son côté, sa consœur à l’Opinion, Emmanuelle Ducros, ne rate pas une occasion de défendre cette technologie, raillant une “France qui n’aime pas la clim”, préférant la “pénitence” de la chaleur. Quant à l’essayiste Olivier Babeau, il coupe court au débat :“Rappel : l’absence de clim tue. Pas le contraire”.
En face, la gauche…
Auteur: Sophie Kloetzli

