Dans la bouche de plus en plus de citoyens, mais aussi de certains politiciens, on entend fréquemment que le clivage gauche/droite n’aurait aucune valeur et qu’il servirait simplement à diviser le peuple (contrairement à eux qui chercheraient l’unité). Or, dans les faits, ces concepts correspondent à des réalités aux différences fondamentales, voire indépassables. Analyse.
S’il y a sans aucun doute plusieurs degrés et courants de gauche et de droite, les deux bords ne défendent pas les mêmes idées. Et bien que certains mouvements sèment volontairement la confusion au niveau sémantique, penser qu’il ne subsiste aucune nuance entre eux et que notre société ne serait scindée qu’en une classe sociale homogène d’un côté, liguée contre la population d’un seul bloc de l’autre, relèverait d’un véritable contresens historique.
Qu’est-ce que la gauche et la droite ?
Bien sûr, aucun curseur précis ne définit la gauche et la droite et certaines opinions seront perçues différemment selon les positions et les contextes. Pour autant, il existe tout de même de grandes lignes conductrices qui ont forgé l’Histoire de ces idéologies.
« Au commencement, la gauche était donc celle qui s’insurgeait contre les privilèges du Roi alors que la droite voulait les maintenir ».
À l’origine, les concepts sont nés en France au moment de la révolution. Durant une assemblée constituante, ceux qui souhaitaient attribuer un droit de veto au Roi s’étaient placés à droite du président tandis que ceux qui s’y opposaient s’étaient mis à gauche. Ce positionnement se poursuivra pendant tous ces événements. Au commencement, la gauche était donc celle qui s’insurgeait contre les privilèges du Roi alors que la droite voulait les maintenir.
Et fondamentalement, même si de nombreuses idéologies ont modelé ces courants, le point de vue n’a guère…
Auteur: Simon Verdiere

