Clôtures et forêts engrillagées : comment retrouver la liberté de cheminer

La Tragédie des enclosures (éd. Les liens qui libèrent, 2026) s’ouvre sur un cri de rage : le 2 février 2023 entrait en vigueur une loi visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels mais aussi à protéger la propriété privée. Elle introduit sournoisement dans le code pénal un délit d’intrusion dans les espaces naturels privés. « Dès lors qu’est indiqué son statut privé, au moyen, par exemple, d’un écriteau, arpenter, parcourir ou, simplement, traverser un domaine rural ou forestier devient un acte illégal, susceptible d’être pénalement sanctionné », résume l’un des auteurs du livre, la juriste Sarah Vanuxem.

Cette loi récente résonne avec un bouleversement majeur survenu au XVIIIᵉ siècle en Angleterre : le mouvement des enclosures, soit la clôture des champs et des pâturages au profit de riches fermiers. Pour raconter cette spoliation et notre besoin contemporain de renouer avec la liberté de circulation, la juriste Sarah Vanuxem et le traducteur Antoine Constantin Caille nous emmènent dans une promenade physique et philosophique inattendue et savoureuse sur les traces d’un poète romantique anglais, John Clare (1793-1864). Il fut l’un des premiers à déplorer la généralisation des clôtures en Angleterre — un processus aujourd’hui vu comme un point de départ du capitalisme moderne et de la crise écologique.

Cette Tragédie des enclosures se veut un clin d’œil, ou plutôt un uppercut, à la célèbre « Tragédie des communs » du biologiste Garrett Hardin, selon le nom de cet article fondateur, paru en 1968 dans Science, qui justifiait la privatisation des ressources comme la manière optimale d’assurer leur pérennité.

Sarah Vanuxem et Antoine Constantin Caille y répondent avec ce livre tout à la fois poétique et politique. La première fait désormais partie des figures incontournables sur la manière de repenser le droit à l’aune des enjeux…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Youness Bousenna

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