Une vague de chaleur inédite par sa précocité et son ampleur s’abat sur la France. Comme lors de chaque épisode caniculaire, les médias audiovisuels dépolitisent et remplissent les antennes à peu de frais : micros-trottoirs sur les terrasses des cafés, images et témoignages de baigneurs, recettes de « cuisine fraîcheur », etc. Sur CNews le 26 mai, lorsque le climato-négationnisme ne s’exprime pas en roue libre, Pascal Praud et son équipe bavardent ainsi de divers sujets plus ou moins profonds, en relation plus ou moins directe avec les « fortes chaleurs » : « Comment faut-il s’habiller ? » ; « Le short est-il autorisé en entreprise ? » Puis, comme par association d’idées, une autre thématique va s’imposer : en scrutant les réseaux sociaux, Pascal Praud a repéré une vidéo d’« incivilités » à La Baule, la station balnéaire où il a l’habitude de passer ses vacances. Cela suffit à faire l’agenda : exit la canicule, place à l’insécurité.
« Il n’y a plus d’espace préservé de l’insécurité en France »
« Si vous regardez les infos sur les réseaux sociaux […], vous avez peut-être vu depuis trois jours des images qui vous ont surpris parce qu’à La Baule, cité tranquille, y a une image très très forte qui a fait le tour des réseaux sociaux, où on voit des jeunes gens entrer dans un train. » Le lancement de Pascal Praud est sibyllin, mais le mystère s’éclaircit dès le lancement de la vidéo : sur les images en question, les jeunes qui se pressent et se bousculent sur le quai d’une gare pour prendre le train ont la particularité d’être en majorité… non blancs. « On voit des jeunes gens qui par dizaines sont sur le quai de la gare et ça créé […] beaucoup de chahut ! Et c’est généralement plus calme… », désespère Pascal Praud, qui tente alors une exégèse au doigt mouillé : « Alors pourquoi ? Parce que…
Auteur: Jérémie Younes

