Tain-l’Hermitage (Drôme), reportage
« Avant de parler de Paris, on va d’abord balayer devant notre porte », annonce Jean-Philippe Banc, mercredi 7 janvier au soir, en guise d’introduction depuis Tain-l’Hermitage. À quelques mètres de la sortie n° 13 de l’autoroute A7, au milieu du rond-point, le représentant Jeunes agriculteurs (JA) du secteur lance les échanges de la soirée, face à une assemblée (presque exclusivement masculine) d’une cinquantaine d’agriculteurs.
Le Mercosur ? « C’est ce qui nous mobilise parce que c’est une aberration, mais ce n’est pas nous qui allons changer les choses d’ici », glisse Jean-Philippe en aparté. Pour l’agriculteur de 38 ans, c’est d’abord « sur les sujets locaux qu’il faut travailler ». En l’occurrence, au nord de la Drôme, l’irrigation et la préservation du foncier agricole.
Les municipales en ligne de mire
Entre les murs en bottes de paille, sous une bâche noire tirée pour l’occasion, six maires des communes voisines ont été conviés par les Jeunes agriculteurs, pour un échange à bâtons rompus, mercredi soir. À deux mois des élections municipales, chacun tente de tirer son épingle du jeu.
Les édiles assurent être acquis aux agriculteurs « incompris » et « maltraités », tandis que les syndicalistes incitent leurs sympathisants à rejoindre des listes, à l’heure où les agriculteurs « se font de plus en plus rares au sein des conseils municipaux ».
Comme souvent, l’eau est au cœur des discussions. Dans la Drôme, 25 % des surfaces agricoles sont irriguées, contre moins de 7 % au niveau national, et la répartition de la ressource reste objet de friction. Au nord du département, la diminution des autorisations de prélèvements dans les prochaines années a provoqué une levée de boucliers au cours des derniers mois.
« Avant, avec 2, 3 hectares de maïs irrigué, on en avait assez pour nos 160 chèvres,…
Auteur: Pauline De Deus

