Colère des agriculteurs européens : traiter l’origine des maux pour éviter la polarisation

Jeudi 1er février, j’ai assisté, à Bruxelles, à la manifestation des agriculteurs autour du Parlement européen. À un kilomètre de la place Luxembourg, je voyais déjà les longues files de tracteurs portant des plaques d’immatriculation belges, françaises et néerlandaises. Klaxons et pneus brûlés saturaient mes sens à mesure que je m’approchais du cœur de la manifestation.

Voix multiples et dissonantes

En tant que juriste, j’ai passé les dernières années à étudier la façon dont le droit économique européen et international peut saper les tentatives de mise en place de systèmes alimentaires durables. J’étais donc impatient de participer à cette « manifestation des agriculteurs ». Cependant, une fois sur place, j’ai dû nuancer l’idée que je me faisais de cet événement, plus complexe que je l’avais imaginé.

Derrière l’uniformité des tracteurs, la place rassemblait des identités bien différentes, chacune conservant sa spécificité tout en contribuant à la visibilité de l’action collective. Vue d’en haut, la place aurait ressemblé à un patchwork de gilets bleus, jaunes et verts, traversé de ballons jaunes, et éclaboussé ici et là de copieux tas de fumier, de banderoles vertes et jaunes de syndicats et de groupes de gauche, ainsi que de drapeaux belges et flamands exprimant des aspirations nationalistes.

Certains des agriculteurs les plus progressistes montent sur scène le 1ᵉʳ février à Bruxelles.
Tomaso Ferrando, Fourni par l’auteur

En réalité, il y avait au moins deux manifestations en une.

Près de l’entrée, une bannière recouvrant la statue de John Cockerill, un industriel d’origine anglaise, appelait les agriculteurs à « dire non au despotisme » et à s’organiser contre les mesures prises par l’UE au nom de la protection de l’environnement. Du côté du jardin central, des membres…

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Auteur: Tomaso Ferrando, Research Professor of Law, University of Antwerp