Saint-Jean-Saint-Nicolas (Hautes-Alpes), reportage
À l’extérieur, une vue imprenable sur la montagne de la petite Autane, drapée d’un manteau de neige. À l’intérieur, encore des montagnes, mais cette fois de livres. Nous sommes dans le chalet de Roland de Miller, au cœur des Hautes-Alpes. L’écrivain de 76 ans, aux cheveux grisonnants et à la passion intacte, est animé par deux obsessions : la nature et les livres. Depuis plus d’un demi-siècle, il amasse des milliers d’ouvrages pour accomplir un rêve un peu fou : édifier le plus grand fonds encyclopédique consacré à l’écologie. Un fonds aujourd’hui menacé de disparition.
« Je suis un collectionneur infatigable », dit Roland de Miller en contemplant les piles d’ouvrages au milieu de son salon. Un trait hérité de son grand-père, numismate : « Il m’a initié très jeune à l’esprit de la collection. J’ai appris la géographie en collectionnant les timbres. » Né d’un père ingénieur et d’une mère peintre, il a reçu aussi le goût des sciences et des arts. Quant à l’écologie, sa vocation remonte à son enfance en Alsace. Il y a éprouvé l’amour pour la nature : « Je jouais durant de longues heures sous les arbres. Très jeune, j’y ai vécu des expériences mystiques », confie-t-il, le regard lumineux.
Tout est parti de là. De ce « sentiment de la nature ». Cette approche sensible a inspiré son engagement écologique. À la fin des années 1960, il s’est installé à Paris pour étudier la géographie. En parallèle, il militait dans plusieurs associations de protection de la nature et a commencé sa collection documentaire : « Je cherchais tout ce qui existait sur le sujet. »
Au fil du temps et des rencontres, il a accumulé livres et connaissances et est devenu promoteur de « l’écologie profonde » — un nouveau paradigme qui doit refonder le rapport des sociétés à leurs environnements. Cette vision…
Auteur: Coline David

