Récemment, des navigateurs ont témoigné avoir été attaqués par des orques. Comme explication de ces comportements, l’attrait du jeu est évoqué. Mais une autre hypothèse fait également référence à la vengeance d’une femelle nommée Gladis (diminutif de gladiateur) qui aurait été percutée par un bateau et qui, maintenant, mènerait son clan dans un « combat » contre les humains.
Que se passe-t-il exactement ? Peut-on réellement parler d’attaques ? Les navigateurs ou pêcheurs sont-ils vraiment en danger ?
Depuis 2020, il a été recensé plus de 500 interactions initiées par les orques, principalement contre des voiliers, dans la péninsule ibérique et en particulier dans le Détroit de Gibraltar. Elles viennent pousser les bateaux, créant une très forte appréhension des skippers, et aussi parfois des dégâts matériels sur la coque.
Même si c’est déjà trop, seulement trois bateaux ont été coulés et heureusement, à ce jour, aucune personne n’a été attaquée et blessée physiquement par une orque.
Des orques présentées comme des dangers de l’océan
Sur ce sujet, tout le monde donne son avis, même sans expérience des océans et sans connaissance des cétacés. On assiste, au cours du dernier mois, à une multiplication d’articles et de reportages dont la majorité présente les orques comme les réels dangers des océans. Les éléments de langage sont brutaux, à l’image de leur nom anglo-saxon « killer whale » (baleine tueuse).
Mais pourquoi ce discours alarmiste, pourquoi nous inciter à percevoir les orques de cette façon ? Peut-être parce que certains voudraient les rajouter sur la liste des espèces nuisibles. D’autres voudraient ainsi justifier des représailles par « légitime défense », comme faire machine arrière pour heurter ces cétacés, jeter des kilos de sable au moment de leurs passages sous la coque, klaxonner à tout-va pour tenter de les faire fuir au risque…
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Auteur: Olivier Adam, Bioacousticien, Sorbonne Université

