Colombie : duel présidentiel entre gauche et extrême droite

Le premier tour d’élection présidentielle colombienne a eu lieu ce dimanche 31 mai 2026. Si l’identité des deux finalistes ne faisait guère de doute, l’ordre d’arrivée a été l’une des surprises du scrutin. L’ensemble des sondages ces dernières semaines donnait le candidat de gauche, le sénateur Ivan Cepeda, en tête, et parfois même largement. C’est donc contre toute attente que le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella, avocat de personnalités troubles, admirateur de Trump, et dont la campagne s’est inspirée du président salvadorien Nayib Bukele, a raflé la mise.

Déconfiture uribiste

Le résultat de la candidate « uribiste » marque un effacement de l’influence de l’ancien président Álvaro Uribe, lequel a gouverné le pays d’une main de fer entre 2002 et 2010. Paloma Valencia, sénatrice, petite fille du président Guillermo León Valencia, était la candidate du Centre démocratique, parti qui n’a de centriste que le nom. Elle avait remporté aisément la primaire de la droite, et choisi dans la foulée son vice-président en la personne de Juan Daniel Oviedo, économiste, ancien directeur de l’institut des statistiques et ouvertement gay, qui avait obtenu un excellent résultat lors de ces mêmes primaires.

Ce choix, destiné à gagner des voix au centre, semble s’être avéré non seulement contreproductif mais désastreux. L’objectif initial était d’additionner des électorats. L’attelage enregistre le pire résultat d’une candidature uribiste depuis 2002. La droite radicale, bercée aux accents populistes et au conservatisme social, adepte des politiques néolibérales et sécuritaires, nostalgique de la doctrine de guerre contre le terrorisme n’a pas soutenu sa candidate naturelle.


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Auteur: Sergio Coronado

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