Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, Carlos Ruiz Massieu, le représentant spécial du Secrétaire général pour la Colombie, a livré un état des lieux nuancé de la mise en œuvre de l’Accord de paix final conclu en 2016 entre le gouvernement colombien et l’ancienne guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC-EP).
Si cet accord a selon lui permis de nettement réduire les affrontements dans ce pays d’Amérique du Sud, premier producteur mondial de cocaïne, en procédant notamment à la réintégration de 12.000 anciens combattants des FARC-EP à la vie civile, certaines zones sont aujourd’hui en proie à un regain de violence. C’est notamment le cas des régions économiquement sinistrées du Catatumbo, Cauca et Chocó, où l’économie illicite continue d’entraver les efforts de pacification.
Affrontements entre groupes armés
Au Catatumbo, une zone reculée du nord-est proche de la frontière vénézuélienne, des affrontements ont ainsi éclaté, en janvier, entre les guérilleros guévaristes de l’Armée de libération nationale (ELN) et un groupe armé rival, connu sous le nom d’EMBF (Estado Mayor de los Bloques y Frentes, en espagnol). Ces violences ont ravivé les inquiétudes quant à la présence résiduelle, voire renforcée, de groupes armés non étatiques sur le territoire colombien.
« Cette flambée de violence a mis en lumière de graves lacunes dans la mise en œuvre de la paix », a estimé M. Ruiz Massieu, qui dirige la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie, chargée d’évaluer l’application de l’accord.
La situation sécuritaire reste particulièrement alarmante pour les anciens combattants démobilisés des FARC-EP, dont 23 ont été tués depuis le début de l’année. « Je condamne ces meurtres et appelle à nouveau à un renforcement de la protection des anciens combattants », a-t-il dit.
Lenteur des…
Auteur: Nations Unies FR

