Tandis que les attaques contre les droits des femmes et LGBTQIA+ se multiplient depuis l’arrivée au pouvoir du président d’extrême droite Javier Milei en Argentine, les féministes élaborent les contours de ce qu’elles appellent l’antiféminisme d’État pour caractériser la période en cours. Contretemps a interrogé Veronica Gago, théoricienne féministe argentine de la grève féministe.
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Contretemps : d’où vient le terme « antiféminisme d’État » et peux-tu le définir brièvement ?
Il me semble que c’est un terme qui correspond à la réalité argentine actuelle. Différentes analyses ont caractérisé le cycle réactionnaire que nous vivons, en prenant en compte l’antiféminisme comme une composante clé. Ce n’est pas quelque chose de totalement nouveau, mais cela s’est accentué ces dernières années. Aujourd’hui, dans le cas de Milei, nous assistons à un revirement : il s’agit d’une politique active, avec des caractéristiques définies et menée par l’État.
Dans deux sens : une rhétorique violente de la communication présidentielle qui, à travers des discours, des posts et des reposts, rend explicite un contenu sexiste, homophobe et haineux à l’égard des femmes et des minorités de genre qui sont désignés comme des ennemis publics et, simultanément, une politique d’État qui défait, coupe et annule les politiques publiques et les droits qui traitent des questions liées à la violence sexiste et aux réparations historiques accordées à la communauté lgbtq+.
Je fais référence à la fermeture de domaines spécifiques de l’État ainsi qu’au financement de programmes publics. Cela va de la fermeture du ministère des femmes à l’interdiction d’utiliser un langage inclusif dans l’administration publique, en passant par l’élimination de la ligne téléphonique d’urgence pour les violences, les programmes de soutien économique aux plaignants, l’annulation du…
Auteur: redaction

