A l’heure d’Internet, les propos antisémites et les discours niant l’Holocauste ne circulent plus seulement dans des groupes haineux marginaux mais s’exposent à tous sur les réseaux sociaux. Des personnalités très en vue comme Ye – anciennement connu sous le nom de Kayne West – ou le joueur de NBA Kyrie Irving ont récemment fait écho à des idées antisémites sur leurs comptes en ligne.
Au-delà de ces personnages médiatiques, des résultats d’enquêtes préoccupants montrent aussi que l’antisémitisme est de plus en plus répandu. En 2021, en utilisant les données disponibles les plus récentes aux États-Unis, l’Anti-Defamation League a signalé que les incidents antisémites aux ont atteint un niveau record. Selon une autre enquête de l’ADL, 85 % des Américains croient au moins un trope anti-juif, et environ 20 % croient six tropes ou plus – une forte augmentation par rapport à seulement quatre ans auparavant.
En 2021, une enquête publiée par l’Action and Protection League (APL), organisation partenaire de l’Association juive européenne (EJA), et menée sur deux ans, estimait que 20 % des Européens auraient des vues antisémites.
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Tout ceci se cumule à un manque généralisé de connaissances sur l’Holocauste. Alors que se tient ce 27 janvier la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste – date anniversaire de la libération du camp de concentration et d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau – il est important de repenser la façon dont sont conçus les cours traitant de l’antisémitisme et la façon dont on enseigne l’Holocauste.
Au-delà de son étude en tant qu’événement historique, il faudrait s’interroger sur ses liens avec l’antisémitisme passé et présent, ce qui implique de s’adapter aux modes d’information et de vie actuels autour du numérique.
Un paysage d’information toxique
L’écosystème numérique dans lequel prospère l’antisémitisme actuel est un Far West d’informations et de désinformations publiées par n’importe qui et distribuées en temps réel. Les messages distribués sur les réseaux sociaux et dans les fils d’actualité sont régulièrement filtrés par des algorithmes qui ciblent les contenus que les utilisateurs reçoivent en fonction de leur profil, ce qui peut renforcer les croyances préexistantes.
Des plates-formes grand public comme TikTok, dont la croissance est fulgurante auprès des jeunes, peuvent être utilisées pour promouvoir l’antisémitisme, tout comme des applications moins connues comme Telegram.
L’écosystème numérique est un Far West où se croisent informations et désinformations.
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Selon un rapport publié en 2022 par les Nations unies, 17 % du contenu TikTok public concernant l’Holocauste le niait ou déformait l’histoire. Il en va de même pour près d’un message Twitter sur cinq sur le sujet et 49 % du contenu sur Telegram.
Si elle peut offrir de nouvelles ressources pédagogiques, l’intelligence artificielle constitue aussi la menace d’une désinformation facile à diffuser et non contrôlée. Par exemple, character AI et Historical Figures Chat vous permettent de chatter avec des personnages historiques, y compris des victimes de l’Holocauste comme Anne Frank ou des responsables de crimes comme Joseph Goebbels, le ministre de la propagande d’Adolf Hitler.
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Ces sites s’accompagnent d’avertissements indiquant que les réponses des personnages peuvent être inventées et que les utilisateurs doivent en vérifier l’exactitude historique, mais on imagine facilement comment les internautes peuvent être trompés par ces dialogues.
Les vidéos « deepfake » sont un autre danger potentiel pour l’IA. Les experts des médias mettent en garde contre le risque de déstabilisation que représente cette « dégradation de la vérité », c’est-à-dire cette absence de distinction entre le vrai et le faux, à mesure que se diffusent ce type de contenu artificiel. Les spécialistes de l’Holocauste se…
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Auteur: Alan Marcus, Professor of Curriculum & Instruction, University of Connecticut

