Dans quel contexte la cellule de veille contre les violences sexistes et sexuelles de la CGT a-t-elle été créée ?
La création de la cellule, en novembre 2016, s’inscrit dans une dynamique féministe interne. Depuis la fin des années 90, la commission Femmes-Mixité a développé plusieurs outils permettant de rendre visible la place des femmes dans la CGT. La Charte Egalite femme hommes de 2007, mais aussi un rapport de situation comparée entre les femmes et les hommes dans la CGT réalisé tous les ans. Une étude de l’IRES, conduite par Rachel Silvera et Tiphaine Rigaud, avait également porté sur les freins et les leviers au maintien des femmes dans les responsabilités syndicales en 2016.
Depuis 1999, la parité est acquise au sein de la Commission exécutive confédérale et du bureau confédéral. C’était un progrès très important. Mais nous nous étions aperçues que le renouvellement des femmes occupant les premières responsabilités était plus rapide que celui des hommes : elles restaient moins longtemps en responsabilité. Il fallait donc comprendre ce qui produisait ces départs.
La création de la cellule intervient aussi dans un contexte social plus large. Nous étions avant le mouvement #MeToo, mais les questions relatives au corps, à l’intime, aux règles, à la sexualité et aux violences commençaient déjà à occuper davantage l’espace public. Le terme de « féminicide » s’imposait progressivement. Lors des journées annuelles organisées par la commission Femmes-Mixité, des femmes nous interpellaient de plus en plus souvent à propos de situations de violences qui n’avaient pas été résolues. Certaines ne trouvaient plus leur place dans la CGT ou finissaient par quitter l’organisation.
Nous avons donc réfléchi à la création d’une structure située entre les victimes et les organisations syndicales : un espace dédié, reconnu par la direction confédérale, capable de recevoir leur…
Auteur: romain romain
