Le rêve de Nabuchodonosor
La deuxième année de son règne, Nabuchodonosor eut un songe qui lui ôta le sommeil. Babylone était alors la puissance du monde, une cité entourée de murailles, de temples, de richesses et d’invincibilité. Sur le trône siégeait le plus redouté des rois, craint dans tout le Moyen-Orient. Il avait écrasé Jérusalem, conduit son peuple en exil et bâti un empire qu’il croyait éternel. Mais même le plus puissant des souverains portait l’inquiétude dans son cœur.
Une nuit, il fut terrassé par une image venue de l’intérieur. Dans sa crainte, il fit quelque chose d’inhabituel : il refusa de raconter son rêve à ses sages. Il exigea qu’ils devinent à la fois ce qu’il avait vu et qu’ils en donnent le sens. Non par caprice, mais parce qu’il savait combien il est facile aux hommes du pouvoir de vêtir la vérité de flatteries. Il demanda l’impossible – une preuve de véritable clairvoyance. Mais magiciens, devins et astrologues se révélèrent impuissants. Finalement, ils avouèrent : « Il n’est point d’homme sur la terre qui puisse accomplir cela. Seuls les dieux le peuvent, et ils n’habitent pas parmi les hommes. »
Alors le roi s’emporta, furieux, et ordonna que tous les sages de Babylone fussent mis à mort. Si personne ne pouvait lui donner la réponse, tous devaient périr. Un décret fut promulgué : l’ensemble de l’intelligentsia babylonienne devait être exterminée.
Au milieu du chaos se tient Daniel : jeune et sans statut, étranger juif fait prisonnier de guerre – un lettré parmi les exilés, formé au service de l’empire, mais privé de patrie, de temple et de sécurité. Pourtant, il est le sage en exil qui conserve la vérité et trouve un sens lorsque tout s’effondre. Son cœur n’est pas attaché à la puissance de Babylone, car il sait que la connaissance sans vérité e”st vide ; sa force est le silence, son humilité une paix qui repose en…
Auteur: dev

