« Je pensais que ça n’allait pas se faire, et puis, un jour j’ai reçu un coup de fil, le rêve se concrétisait, ma vie a complètement changé. » Depuis six mois, Sifedim Nessakh, 33 ans, habite le premier habitat participatif marseillais. L’immeuble est situé dans le très populaire quartier de Saint-Mauron, dans le 3e arrondissement de Marseille. Auparavant, à la suite d’une séparation, l’homme logeait dans un studio de 15 m2 qu’il payait 600 euros, au quartier du Prado. « C’était un quartier bourgeois où, avec les voisins, c’est “bonjour, bonsoir”, sans plus. Le plus gênant, c’était l’impossibilité d’y recevoir mes deux filles. »
En 2022, l’agent d’entretien croise le collectif d’habitants des Habeilles, qui développait à Marseille un projet d’habitat participatif en locatif social. Pour une fois, Sifedim coche toutes les cases pour intégrer un logement décent pour un coût décent : un deux-pièces à 385 euros. Alors, il intègre le groupe. « Régulièrement, on nous annonçait qu’on allait emménager, puis c’était reporté, encore et encore. Franchement, je n’y croyais plus, témoigne-t-il. Je restais parce que je m’entendais bien avec ces gens. C’était comme une famille. »
De gauche à droite : Anne-Marie, Mounira, et Dominique, membres du collectif et habitants des Habeilles. Le 17 octobre, Les Habeilles ont partagé leur expérience avec des membres d’Habitat participatif France.
©Myriam Léon
Six nationalités, des bac+5 et des personnes qui ont arrêté très tôt l’école, des artistes, du personnel de ménage, des retraités… cette famille éclectique est liée par l’envie d’inventer un habitat qui rompt avec l’isolement, favorise les solidarités, et redonne du pouvoir d’agir. L’utopie leur a permis de surmonter une gestation de près de quinze ans.
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Depuis l’émergence du projet en 2010, le groupe de citoyens…
Auteur: Myriam Léon

