Dans un précédent article, nous avons expliqué en quoi il est impossible pour les grandes entreprises de bifurquer vers des pratiques de sobriété au sein du capitalisme. Et par conséquent pourquoi il est essentiel de travailler à leur démantèlement pour enrayer la destruction du vivant dans un processus de transformation de la société vers le postcapitalisme. À savoir une organisation sociale où la production et la consommation sont démarchandisées afin de répondre à des besoins authentiques de la population tout en respectant les écosystèmes.
Mais cela veut-il dire que toutes les entreprises doivent fermer maintenant ? Une entreprise est une unité organisationnelle de production de biens et services. On aurait tort de les réduire aux seules sociétés commerciales à but lucratif cherchant la maximisation de leurs profits. Si le projet de démarchandisation de la production et de la consommation qui est cœur des aspirations postcapitalistes appelle à un changement fondamental dans la société, il existe néanmoins un large éventail d’actions que l’on peut déployer ici et maintenant depuis les entreprises. En particulier, les Petites et Moyennes Entreprises (PME), qui constituent l’essentiel du tissu entrepreneurial en France, offrent des terrains propices pour d’une part adopter des pratiques alternatives et d’autre part participer activement à la transformation de la société vers le postcapitalisme.
Transformer les pratiques de l’entreprise
Dans le monde actuel, cela semble bien compliqué pour une entreprise de dévier de la course au profit et à la croissance tout en assurant sa viabilité économique. Les pressions concurrentielles du marché, les lois favorisants l’exploitation des corps et du monde vivant, l’aliénation des populations faisant naître toujours plus de désirs, les systèmes sociotechniques imposant l’usage de hautes technologies mortifères comme monopôle radical,…
Auteur: Jean-Philippe Decka

