Nous sommes exposés quotidiennement à d’innombrables substances chimiques, dont certaines peuvent être délétères pour notre santé. Mesurer efficacement les effets de cette pollution est un défi d’autant plus difficile à relever que que les indicateurs manquent cruellement.
Résidus de pesticides dans notre nourriture, revêtements antiadhésifs sur nos ustensiles de cuisine… Nous sommes en permanence exposés à des centaines de produits chimiques. Les traces de cette pollution se retrouvent jusque dans les endroits les plus insoupçonnés, puisque des produits chimiques persistants ont même été retrouvés dans le corps d’ours polaires. Les conséquences à long terme de cette exposition sur la santé humaine sont encore largement méconnues.
Pour quantifier ces substances au sein des organismes vivants, l’une des méthodes les plus efficaces consiste à mesurer leur concentration dans certains tissus ou liquides (le sang, les cheveux, le lait maternel…). Cette approche, appelée « biomonitoring », repose sur l’analyse d’indicateurs mesurables, les biomarqueurs.
À l’heure actuelle, lorsqu’il s’agit de rendre compte de l’impact des produits chimiques sur la santé humaine, seul un petit nombre de biomarqueurs sont disponibles. Or, chaque année, plusieurs millions de nouvelles substances chimiques sont produites au niveau mondial.
Mes travaux ont pour objectif d’identifier les biomarqueurs qui pourraient permettre d’évaluer les conséquences sur la santé humaine de substances chimiques dont on considère qu’elles peuvent constituer de nouveaux contaminants problématiques.
Qu’est-ce qu’un bon biomarqueur ?
L’une des difficultés du biomonitoring est qu’une fois qu’un polluant chimique a été absorbé dans notre organisme, il est dégradé en d’autres substances (on parle de métabolites). La contamination peut donc passer inaperçue si l’on se contente de rechercher la molécule…
Auteur: Chang He, Professor of environmental sciences, The University of Queensland

