Les étudiants qui ont recours à l’IA ne risquent-ils pas de perdre certaines habitudes d’écriture précieuses pour leur réflexion et leur créativité ? Ils sont conscients que les nouveaux outils peuvent modifier leur style et il leur arrive de se sentir dépossédés de leurs textes. Enquête aux États-Unis et en Europe.
Lorsque la société OpenAI a lancé son nouveau programme d’intelligence artificielle, ChatGPT, fin 2022, les spécialistes de l’éducation ont commencé à s’inquiéter. ChatGPT pouvait générer du texte qui semblait avoir été écrit par un humain. Comment les enseignants pourraient-ils détecter si les élèves utilisaient un chatbot d’intelligence artificielle pour tricher dans leurs devoirs et rédactions ?
En tant que linguiste, étudiant les effets de la technologie sur la façon dont les gens lisent, écrivent
et pensent, je crois qu’il existe d’autres préoccupations tout aussi urgentes à considérer que les risques de tricherie. Il s’agit notamment de savoir si l’IA, de manière plus générale, menace les compétences de rédaction des étudiants, la valeur du processus d’écriture et son importance comme véhicule de la pensée.
Dans le cadre de recherches menées pour mon nouveau livre sur les effets de l’intelligence artificielle sur l’écriture humaine, j’ai interrogé de jeunes adultes aux États-Unis et en Europe sur toute une série d’enjeux. Ils m’ont partagé une litanie d’appréhensions sur la façon dont les outils d’IA peuvent saper leurs travaux d’écriture. Toutefois, ces inquiétudes sont nées depuis un certain temps déjà.
La génération automatique de texte, confort ou danger ?
Des outils comme ChatGPT ne sont que les derniers d’une série de programmes d’IA conçus pour l’édition ou la génération de textes. Le risque de voir l’IA saper à la fois les compétences rédactionnelles et la motivation à composer par soi-même est en fait en…
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Auteur: Naomi S. Baron, Professor Emerita of Linguistics, American University

