Comment construire l'actualité pour légitimer la mort ?

A la rentrée dernière, Maxime Cochelin racontait dans nos pages sur son passage en tant que producteur au sein de la matinale la plus écoutée du pays. Alors que la guerre menée par Tsahal depuis octobre, lacère la bande de Gaza et harcèle sans relâche ses habitants, l’auteur note, et il ne doit pas être le seul, que les grands médias semblent avoir choisi leur camp, et ce depuis bien longtemps.
Dans ce nouvel article, Maxime Cochelin décortique l’histoire récente des titres et fréquences principales du pays afin de faire ressortir les ressorts marchands et politiques de leurs choix éditoriaux.

Depuis plusieurs mois maintenant, la situation au Proche-Orient sature l’espace médiatique. En cause, tout le monde le sait, l’assassinat de 1200 israéliens par la branche armée du Hamas. Un acte d’une violence extrême qui justifie, sans que personne ne s’en interroge vraiment, la focalisation d’une bonne partie de la planète. De fait, dans une telle situation, comment ne pas considérer « normal » que les médias concentrent leur force pour traiter l’information, envoient des dizaines d’envoyés spéciaux, enchaînent les directs, mobilisent tous les « spécialistes » possibles et imaginables ? Ça apparaît comme une évidence, il ne pourrait pas en être autrement.

Le 23 janvier, sur France Inter, une énième matinale se penche sur le sujet. L’angle de l’émission : la mort de 20 réservistes israéliens. Un choix quelque peu étrange, alors que le bilan des victimes gazaouis venait de dépasser les 30 000 morts et qu’une plainte sud-africaine déposée contre l’État d’Israël pour génocide est à l’étude à la Cour internationale de justice. Le journaliste du Monde Diplomatique, Akram Belkaïd, interpelle les invités du jour sur Twitter pour leur faire part de son étonnement. Réponse de Pierre Haski, passé de chroniqueur à invité ce jour-là : « c’est un débat d’actualité ». Là…

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Auteur: dev