Tout le monde semble indigné par Trump, ses interprétations géopolitiques, ses mesures politiques et ses guerres. Cependant, les politiciens comme les grands médias finissent par être d’accord avec lui sur le fait que la situation à Cuba est celle du désespoir et d’un effondrement imminent. Le scénario qu’ils promeuvent est celui d’un État failli afin qu’une intervention militaire puisse être interprétée, plutôt que comme une agression, comme un salut ou, dans le meilleur des cas, comme quelque chose qui ne peut pas aggraver davantage la situation. L’objectif, comme le dit Belén Gopegui, est d’implanter l’idée qu’« il n’y a déjà plus rien à faire », qu’il n’y a plus qu’à attendre l’arrivée de l’impérialisme.
Nous avons été à Cuba, nous avons vu, observé, interrogé et pris des notes. Nous avons découvert un peuple meurtri et souffrant à cause du blocus énergétique, mais avec un gouvernement qui gère la situation et des citoyens qui s’en sortent.
Le premier élément à prendre en compte est qu’un blocus énergétique a été imposé à Cuba, empêchant pendant quatre mois la moindre goutte de pétrole d’entrer dans l’île. Ce pétrole, Cuba le recevait auparavant du Mexique ou du Venezuela. En conséquence, les centrales thermiques de l’île se sont retrouvées sans matière première pour fonctionner. Il est surprenant de voir comment le monde s’est indigné du blocus de l’aide alimentaire imposé par Israël à Gaza, mais bloquer l’accès à l’énergie est tout aussi asphyxiant pour une économie et tout aussi criminel pour un pays. Imaginez-vous ce qui arriverait à l’Espagne si on l’empêchait de recevoir une seule goutte de pétrole ou de gaz ? Ou à une île comme la République dominicaine, voisine de Cuba ? Imaginez que l’on bloque l’accès de la République dominicaine aux 50 ou 60 millions de barils annuels qu’elle reçoit, ou les 2,8 millions de barils par…
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