Un groupuscule d’extrême droite peut-il voir l’essentiel de ses militants condamnés pour violence ou pour provocation à la haine tout en bénéficiant de financements publics indirects ? D’autres peuvent-ils propager des idées néonazies et racistes, et défiler lors de la marche néofasciste du 9 mai à Paris, tout en étant indirectement subventionnés par l’État ? Visiblement, oui.
Basta! a identifié une vingtaine de mouvements identitaires détournant de manière plus ou moins directe la loi Coluche de 1989, qui crée des avantages fiscaux pour les associations reconnues d’intérêt général en leur donnant la possibilité de faire défiscaliser leurs dons et cotisations.
C’est le cas du groupe identitaire Patria Albiges, actif à Albi (Tarn) et identifié parmi les organisations participantes à la marche néonazie du Comité du 9 mai (C9M) l’an dernier. Chaque année, le 9 mai est le rendez-vous de tout ce que l’extrême droite radicale compte de groupuscules néonazis, néofascistes ou identitaires en France. Ils défilent en mémoire d’un de leurs militants, mort en 1994 en tentant d’échapper à la police. Cette année, s’y ajoute le souvenir de Quentin Deranque, jeune néofasciste décédé en février dernier à Lyon.
En 2024 et 2025, la préfecture de police de Paris avait annoncé l’interdiction de cette manifestation, avant qu’elle ne soit finalement autorisée par le tribunal administratif. L’interdiction, de nouveau prononcée ce 5 mai par le préfet de police, risque donc d’être, une fois encore, annulée. Le défilé d’extrême droite devrait donc s’élancer dans les rues parisiennes ce 9 mai, avec en son sein les groupuscules les plus radicaux, dont certains financés par le contribuable.
Le cas Patria Albiges
Patria Albiges, implanté à Albi, et pour lequel une procédure de dissolution a été lancée par le ministère de l’Intérieur en février 2026, profite comme d’autres de la…
Auteur: Rozenn Le Carboulec, Stéphane Ortega

