Sommes-nous sensibles à la différence entre une forêt tempérée et une prairie ? Percevons-nous finement les variations sonores associées aux changements saisonniers ou encore la différence entre l’aube et le milieu de la journée ? À quel point sommes-nous sensibles à la présence d’êtres vivants dans ces environnements, à leur variété ?
Toutes ces questions sont aujourd’hui abordées dans un programme de recherche alliant sciences cognitives et écologie.
Bien que l’étude des « paysages sonores » ait débuté il y a de cela près d’un demi-siècle avec les travaux de R. Murray Schafer en 1977 et Barry Truax en 1978, nos connaissances restent encore fragmentaires quant à la manière dont l’être humain, avec ses oreilles et son système auditif, perçoit les scènes acoustiques complexes produites par des environnements dits « naturels », à savoir des environnements marginalement affectés par l’activité humaine.
L’écologie des paysages sonores
L’écologie des paysages sonores ou écoacoustique, un champ scientifique inspiré par les travaux pionniers de Bernie Krause (1987), est aujourd’hui en plein essor. Cette discipline utilisant les paysages sonores à différentes échelles spatiales et temporelles afin d’explorer la complexité écologique bénéficie de l’apparition d’enregistreurs passifs autonomes à bas coût (voir figure 1).
Frédéric Sèbe, OFB-PNRHJ-UJM, Author provided (no reuse)
Ces derniers permettent aux écologues et éthologues d’enregistrer des bases de données acoustiques massives et de qualité sans interférer avec l’environnement.
L’écoacoustique bénéficie également du développement récent de techniques de traitement de signal élaborées, dont l’efficacité est démultipliée par les méthodes modernes…
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Auteur: Christian Lorenzi, Professeur en psychologie expérimentale, École normale supérieure (ENS) – PSL

