Comment expliquer la violence des supporters ?

Dans la nuit du 7 au 8 août 2023, un match devant opposer Athènes à Zagreb produit des rixes entre aficionados : un supporter grec est poignardé à mort. Le 3 juin 2023, dans un stade de football en Corse, un père et son fils de 8 ans alors atteint d’un cancer du cerveau sont agressés par trois supporters. En septembre 2022 une rencontre entre Cologne et Nice conduit à des violences dans les tribunes : le bilan fait état d’une trentaine de blessés.

À l’échelle mondiale le football produit son lot quasiment hebdomadaire de faits divers au sujet de violences entre supporters. Alors chaque nouvel évènement chasse le précédent, l’écrase, crée l’oubli ou au mieux une trace. Bien sûr quelques dates et de funestes bilans demeurent dans les mémoires : le drame du Heysel en 1985 : 39 morts ; Lima en 1964 : 330 morts ; Le Caire en 1974 et Johannesburg en 2001 : 50 morts.

À quoi ressemble le stade de football si on ajoute à cet inventaire imparfait les usages de banderoles injurieuses dans les stades, des chants racistes issus de certaines tribunes, des cris de singe provoqués par les prises de ballon de certains joueurs ? Mais est-ce surprenant de constater pareil spectacle dans les tribunes quand le problème se poserait également au niveau de certains clubs ou dans les institutions fédérales ?

Tout cela n’empêche pas le football de poursuivre sa domination en termes d’audience, d’investissements financiers, de couvertures médiatiques, d’identifications.

Une telle situation mériterait un examen mais observons ici précisément les faits de violences physiques parmi les fans. Comment peuvent-ils être violents sachant, en outre, qu’un arsenal législatif s’est notablement étoffé depuis l’introduction de la loi Alliot-Marie du 6 décembre 1993 avec la création du Fichier national des interdits de stade en 2007, les interdictions judiciaires de stade ou de déplacement, les dissolutions ou…

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Auteur: Williams Nuytens, Sociologue, professeur des universités en Sciences et Techniques des APS, Université d’Artois