Le 14 juillet est une date que les autorités étatiques ont transformée en commémoration de l’unité de la Nation, toute classe sociale confondue, alors que cette date représente le début de la Révolution française, avec la célèbre prise de la Bastille. Ce jour peut être l’occasion de se rappeler qu’à une époque où tout semblait figé, hiérarchique, inscrit dans l’ordre naturel des choses, il a été possible de renverser la table et de mettre fin à des siècles de domination d’une classe sociale aristocratique sur les autres. Si cette révolution de 1789 est inachevée, qu’elle a aussi charrié son lot de violences et de massacres, qu’elle a débouché sur l’instauration progressive d’une République bourgeoise, dont nous subissons en ce moment pleinement le potentiel antidémocratique, elle nous rappelle aussi que parfois toutes les injustices peuvent déboucher sur de grands bouleversements qui changent la vie.
Comment y parvenir ? C’est une question que beaucoup de gens se posent, et les modes d’emploi qui circulent le plus ne sont pas convaincants. D’un côté, certains disent qu’à force que la situation économique et sociale se dégrade, le mécontentement croissant va pousser les gens à la révolte, qui n’aura besoin ni de cadre ni de théorie pour exploser. Bref, le “ça va péter”. Oui mais quand, et comment ? De l’autre, des experts de la lutte sociale ou de la politique institutionnelle nous expliquent que le changement viendra de l’action organisée de quelques personnes qui sauront se faire l’écho de la colère globale et prendront le contrôle des institutions pour changer les choses, avec le soutien et au nom du peuple. Aucune de ces théories n’est satisfaisante. La première pousse à l’inaction et la seconde à la passivité et la soumission, et aucune ne propose de réponse satisfaisante à une question fondamentale : si quelques personnes renversent la société au nom du…
Auteur: Nicolas Framont

