Article publié dans la revue Terrestres
Introduction et traduction de Simon Verdier et d’Anton Ortolan du texte initialement paru sous le titre The SHAC Model, A Critical Assessment, numéro 6, été 2008, revue Rolling Thunder.
L’article ci-dessous est une version abrégée de la version initiale. Le texte intégral est disponible en livret à imprimer ici.
La méthode SHAC est une stratégie dont l’objectif initial était de pousser une entreprise à la faillite en provoquant un dilemme chez ses partenaires commerciaux : maintenir une relation avec elle au risque de perdre d’autres contrats. Plus tard, son usage sera étendu au fait de stopper des projets d’aménagement. Il a été élaboré au cours de la seconde moitié des années 1990 et son application la plus connue est la campagne dont il tire son nom : Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC) menée contre un laboratoire d’expérimentation animale : Huntingdon Life Sciences (HLS). Cette campagne d’ampleur internationale impliqua, tout au long de son existence, plusieurs milliers de personnes dans des dizaines de pays qui ont réussi à faire renoncer 286 entreprises à leurs contrats avec ce laboratoire. Parmi elles, des institutions et des banques de premier plan comme HSBC ou Bank of America. « Avec des entreprises abandonnant HLS chaque semaine, nous avions le sentiment d’être en train de gagner. » Ce sentiment, c’est celui de toute une époque pour un mouvement écologiste britannique alors en pleine effervescence.
La campagne internationale SHAC impliqua plusieurs milliers de personnes dans des dizaines de pays et a réussi à faire renoncer 286 entreprises à leurs contrats avec ce laboratoire.
Preuve du niveau de panique qui saisit alors le monde financier, au moment où la campagne était à son zénith, le Financial Times écrit en avril 2003 : « Un petit groupe de personnes a réussi là où Karl Marx, les Brigades rouges et la bande de Baader-Meinhof ont…
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